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Suivre Jésus sur l’eau : apprendre à prier dans la tempête

Mardi, 18e semaine du temps ordinaire — année impaire
P. François Bandet

Dans l’Évangile du mardi de la 18ᵉ semaine du temps ordinaire (Matthieu 14, 22–36), nous sommes invités à contempler un épisode marquant de la vie des disciples : leur rencontre avec le Christ qui marche sur les eaux. Ce récit ne parle pas uniquement de miracle, mais surtout de prière, de confiance et de courage face aux épreuves.

Prier pour suivre le Christ

Pour pouvoir suivre réellement notre Seigneur Jésus-Christ, il nous faut apprendre à prier avec dévotion. La prière est une conversation intime entre Dieu et nous. Elle nous recentre, nous fortifie, nous unit à Celui qui ne change jamais, même lorsque tout vacille autour de nous.

Dans la tradition chrétienne, la prière commence par un respect fondamental : on dit « vous » à Dieu, avec une majuscule, car Il est notre Créateur et notre Père. Ce « Vous » devient un refuge, un point d’appui quand notre propre « je » vacille.

L’Évangile du jour : la barque, la tempête, et le miracle

Après avoir nourri la foule, Jésus renvoie les gens et monte seul sur la montagne pour prier. Pendant ce temps, ses disciples traversent la mer en barque, mais le vent leur est contraire. Ils rament, peinent, luttent. Puis, dans la nuit, ils voient Jésus marcher sur l’eau, et sont saisis de frayeur, croyant voir un fantôme.

Mais Jésus les rassure :
« Confiance, c’est moi. N’ayez pas peur ! »

Trois formes de prière dans cet Évangile

Ce passage nous révèle trois manières essentielles de prier, que nous sommes appelés à vivre, surtout quand les vents de la vie se lèvent.

1. La prière de communion

C’est celle de Jésus seul sur la montagne. Une prière de contemplation, de silence, où le cœur s’unit au Père. Elle est nécessaire pour se recentrer, discerner, recharger nos forces spirituelles.

2. La prière de demande

Pierre, invité à sortir de la barque, marche quelques pas sur les eaux, mais perd courage et commence à couler. Dans sa peur, il s’écrie :
« Seigneur, sauve-moi ! »
Et Jésus le saisit aussitôt.

Cette prière de demande jaillit dans l’urgence, la fragilité, le besoin. Elle est un cri de foi. Même vacillante, elle attire la main secourable du Christ.

3. La prière de louange

Une fois le vent calmé et Jésus remonté dans la barque, les disciples se prosternent et déclarent :
« Vraiment, tu es le Fils de Dieu ! »
Cette prière jaillit de la reconnaissance, de l’émerveillement face à l’action de Dieu dans nos vies.

Sortir de la barque

Cet Évangile nous interpelle : sommes-nous prêts à quitter nos sécurités pour marcher vers le Christ ? Suivre Jésus, c’est parfois sortir de ce qui nous rassure, affronter des vents contraires, mais toujours garder les yeux fixés sur Lui.

Une invitation à grandir dans la foi

Demandons à Notre-Dame de nous apprendre à mieux prier :
— dans la solitude,
— dans la détresse,
— et dans la joie.

Car c’est dans la prière que nous trouvons la force de suivre Jésus, même sur les eaux.