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Comment vaincre l’anxiété et la peur avec les Béatitudes de Jésus

Ce commentaire porte sur l’Évangile selon saint Matthieu, au début du Sermon sur la montagne, lorsque Jésus proclame les Béatitudes :

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »

Mt 5, 1-12

 

Dans cet Évangile, Notre Seigneur monte sur la montagne et prêche à ses disciples. Suivons-le dans ce refuge et écoutons ses divines paroles.

Avec le Sermon sur la montagne, nous entrons dans l’un des grands enseignements de Notre Seigneur. Saint Thomas d’Aquin explique qu’il faut distinguer deux moments, deux prédications différentes de Jésus-Christ sur le même thème.

Dans l’Évangile selon saint Matthieu, Notre Seigneur prêche à ceux qui lui sont les plus proches. Il monte sur la montagne pour parler aux apôtres, à ses intimes. Il entre donc dans des réalités plus profondes, plus intérieures, destinées à ceux qui sont plus proches de lui.

Dans une autre circonstance, Notre Seigneur Jésus-Christ semble avoir prêché au pied de cette même montagne. Saint Jérôme explique qu’il ne s’agissait pas du mont Calvaire, comme certains ont tenté de le défendre. Il pouvait peut-être s’agir du mont Thabor, ou d’une autre haute montagne. Mais, au pied de la montagne, devant une foule plus nombreuse, et non seulement devant ses apôtres, Notre Seigneur traite aussi du même thème, en donnant des béatitudes, mais aussi des malédictions : « Malheur à vous, malheur à vous, malheur à vous. »

Dans ce passage de saint Matthieu, Notre Seigneur parle à ses intimes, à ses plus proches, et nous voyons les huit Béatitudes.

Selon saint Augustin, ce sermon a certainement dû être long et détaillé. Notre Seigneur a dû expliquer très soigneusement chacune de ces Béatitudes, qui nous sont rapportées ici de manière extrêmement résumée.

« Heureux les pauvres de cœur, car le royaume des Cieux est à eux. »

Nous avons déjà ici une considération importante pour notre vie spirituelle.

Saint Augustin dit que l’orgueil apparaît lorsque les personnes se gonflent elles-mêmes, lorsqu’elles veulent paraître ce qu’elles ne sont pas. Il compare cela à quelqu’un qui se remplit de vent : il se remplit de quelque chose qui n’a pas de substance, de quelque chose d’entièrement vide.

Combien de fois n’avons-nous pas, dans notre vie, cette tentation de nous laisser entraîner par les vanités, par des choses qui n’ont réellement aucune substance ? Ce sont des choses vides, passagères, qui ne conduisent à rien.

C’est pourquoi Notre Seigneur enseigne à ses apôtres :

« Heureux les pauvres de cœur. »

Selon saint Augustin, il s’agit de ceux qui ont un cœur humble. Ce sont eux les bienheureux auxquels Notre Seigneur Jésus-Christ fait référence, bien plus que dans certaines interprétations qui réduisent cette parole à un aspect seulement matériel.

Ce n’est pas de la pauvreté matérielle que parle ici Notre Seigneur. Il enseigne le chemin de l’humilité.

Nous pouvons alors nous demander : à qui Notre Seigneur pensait-il en disant cela ? Sans aucun doute, il pensait à tous les hommes de tous les temps, dans toute l’histoire. Mais en parlant des Béatitudes, il avait certainement dans son Sacré-Cœur un modèle idéal à présenter à ses apôtres.

Et il ne pouvait en être autrement : Notre Seigneur devait penser à celle qui était sa créature la plus aimée, la Très Sainte Vierge Marie.

Qui fut plus pauvre de cœur qu’elle ?

Elle qui, dans sa grande richesse de vertus, s’est faite rien. Elle a voulu se faire servante, elle qui serait la Mère du Sauveur. Et pourtant, elle fut choisie. Le Puissant fit de grandes choses en faveur de celle qui s’est faite servante, de celle qui s’est faite rien, de celle qui s’est, pour ainsi dire, anéantie elle-même, en se plaçant entièrement entre les mains de Dieu.

Notre Seigneur poursuit sa prédication :

« Heureux ceux qui pleurent, car ils seront consolés. »

Combien d’épreuves, de tentations, de combats doit traverser celui qui décide de suivre Notre Seigneur Jésus-Christ ! Ce sont des afflictions. Mais ceux qui décident de pratiquer la vertu, ceux qui décident d’être fidèles à Dieu, recevront aussi leur récompense et seront consolés par Notre Seigneur Jésus-Christ lui-même.

Puis Notre Seigneur dit :

« Heureux les doux, car ils recevront la terre en héritage. »

Combien de fois la convoitise pousse les hommes à se jeter dans les activités, à chercher, au milieu de tant de compétitions, à être meilleurs que les autres ! Alors viennent les jalousies, les intrigues, les discussions, tant de problèmes, tant de tensions, tant de désordres.

Tout cela arrive parce que les personnes sont attachées à elles-mêmes ou aux choses de la terre. Elles perdent alors la douceur et deviennent extrêmement agitées, nerveuses, fixées sur les choses passagères.

Notre Seigneur enseigne donc à ses apôtres ce qu’ils devaient d’abord vivre eux-mêmes, avant de le transmettre aux autres : être doux de cœur, comme lui-même, Notre Seigneur Jésus-Christ.

Nous pourrions parcourir toutes ces Béatitudes, mais le temps est limité et nous ne pouvons pas nous étendre davantage. Prenons donc une quatrième et dernière considération parmi les Béatitudes de ce passage.

« Heureux les artisans de paix, car ils seront appelés fils de Dieu. »

Saint Jean Chrysostome explique qui sont ceux qui possèdent la paix : ce sont ceux qui ne vivent pas dans les disputes ni dans les querelles. Même dans les situations de discorde, ils luttent pour rétablir la concorde et l’harmonie des cœurs.

Comme il est agréable de vivre auprès de personnes ainsi ! Ce sont des personnes tranquilles, des personnes qui veulent le bien des autres, qui ont de la bienveillance. Ces personnes rayonnent aussi la paix. Elles sont agréables à fréquenter.

À l’inverse, comme il est désagréable de vivre avec des personnes qui mettent constamment des obstacles, des problèmes, des difficultés. Quel que soit le sujet ou la situation commune, elles voient des problèmes, des difficultés, des aspects négatifs. Elles voient les défauts de l’un et de l’autre. Cela rend la vie désagréable, lourde, difficile et négative.

Notre Seigneur nous enseigne à être pacifiques. Et non seulement à être pacifiques, mais à promouvoir la paix.

Ceux-là, dit Notre Seigneur, seront appelés fils de Dieu. Ils établissent la paix, qui, selon saint Augustin, est la tranquillité de l’ordre. Tout autour d’eux devient agréable, tranquille, harmonieux, parce que, d’abord dans leur propre cœur, ils vivent déjà cette paix de Notre Seigneur Jésus-Christ.

En méditant ces Béatitudes merveilleuses, avec tant d’enseignements, pensons à la Vierge Marie.

De même que Notre Seigneur avait certainement comme modèle idéal celle qui est la bienheureuse, la Très Sainte Vierge Marie, cherchons à méditer sur la manière dont elle a vécu.

Certainement, elle n’était pas immergée dans les choses de la terre. Elle ne vivait pas désespérée au milieu des afflictions et des difficultés. Il serait absurde de penser qu’elle vivait au milieu des disputes et des querelles.

La Vierge Marie était la bienheureuse des bienheureuses.

Elle était pacifique, miséricordieuse, pure de cœur et pauvre de cœur.

Ainsi, cherchons à suivre l’exemple de la Sainte Vierge.

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Adaption écrite de la vidéo originale: https://www.youtube.com/watch?v=jqXhzqnBYPg