Vendredi, 18e semaine du temps ordinaire — Année Impaire
P. François Bandet
Dans un monde qui valorise avant tout la réussite individuelle, l’attention médiatique et le confort personnel, l’idée de renoncer à soi-même pour suivre un autre semble bien étrange. Pourtant, c’est précisément ce que nous propose Jésus dans l’Évangile de saint Matthieu (16, 24-28) : « Si quelqu’un veut marcher à ma suite, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix et qu’il me suive. » Un appel déroutant… mais profondément libérateur.
Chercher uniquement notre propre satisfaction ne mène pas à la joie véritable. Bien au contraire, cette quête centrée sur le moi finit souvent par engendrer tristesse et solitude. Jésus nous révèle un chemin à contre-courant : donner plutôt que prendre, aimer plutôt que dominer. Lui-même n’a rien gardé pour lui. Il a tout donné — son temps, sa sagesse, sa vie — par amour. Et c’est en perdant sa vie sur la croix qu’il nous a ouvert les portes de la vie éternelle.
Suivre le Christ, ce n’est pas d’abord souffrir, mais aimer. Et c’est l’amour qui donne sens à la souffrance. Comme le dit saint Augustin : « Quand on aime, on ne souffre pas. Mais si l’on souffre, c’est la souffrance elle-même qui est aimée. » Ainsi, porter sa croix devient un acte d’amour, un chemin vers la joie profonde, car le sacrifice par amour donne la vie.
Que chacun de nous puisse découvrir que le véritable épanouissement ne réside pas dans la recherche de soi, mais dans le don sincère de soi-même. En devenant disciples du Christ, en renonçant à nous-mêmes par amour, nous trouvons la paix, la joie et la vie véritable. Demandons à Dieu la grâce de comprendre cela, et de suivre son Fils avec courage et confiance, jusqu’à la croix qui mène à la gloire.



