Cisjordanie : les Églises de Jérusalem dénoncent l’attaque de colons contre le village chrétien de Taybeh

Vue du village de Taybeh, en Cisjordanie, avec ses maisons de pierre claire, des oliviers et des ruines antiques au premier plan
Les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem ont condamné le 19 octobre 2026 l'attaque menée le 17 octobre par des colons israéliens contre Taybeh, village chrétien de Cisjordanie, où se trouvait une délégation européenne.

Les patriarches et chefs des Églises de Jérusalem ont condamné, le lundi 19 octobre 2026, l’attaque menée deux jours plus tôt par des colons israéliens contre Taybeh, considéré comme le dernier village entièrement chrétien de Cisjordanie. Le samedi 17 octobre, en pleine récolte des olives, des colons cagoulés s’en sont pris aux habitants ainsi qu’à une délégation européenne venue leur témoigner sa solidarité.

Une délégation européenne visée

La délégation comprenait des diplomates de France, de Belgique et de Pologne ainsi que des élus locaux français. Le maire d’Aulnoye-Aymeries (Nord), Bernard Baudoux, 78 ans, venu signer un accord de coopération entre les deux communes, a été jeté à terre et frappé ; il n’a pas été grièvement blessé. Un véhicule du consulat général de Belgique a été endommagé. Selon InfoVaticana, l’archevêque de Cambrai, Mgr Vincent Dollmann, qui faisait partie du groupe, aurait également reçu des menaces.

Le ministre français des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a demandé aux autorités israéliennes d’« arrêter impérativement les responsables de ces actes révoltants ». Le président israélien, Isaac Herzog, a lui aussi condamné l’attaque, et la police israélienne a annoncé plusieurs interpellations.

Les Églises dénoncent l’impunité

Dans leur déclaration, les responsables des Églises de Jérusalem qualifient l’agression d’« attaque atroce » et estiment qu’elle s’inscrit dans une série croissante d’intimidations et de violences contre les villages palestiniens, en particulier pendant la récolte des olives. « Ces attaques se poursuivent en raison de l’impunité dont jouissent ceux qui les commettent », affirment-ils.

Ils jugent « infondée » et inacceptable une récente interprétation religieuse qui aurait permis de s’approprier des olives appartenant à des Palestiniens, et saluent les rabbins et les personnalités juives qui l’ont publiquement rejetée. Tout en remerciant le président Herzog pour sa condamnation, ils réclament une réponse plus ferme et constante, que les auteurs répondent de leurs actes et que les communautés vulnérables soient protégées durablement. Ils appellent aussi la communauté internationale à renforcer la protection des habitants de Taybeh et des autres localités de Cisjordanie.

L’Éphraïm de l’Évangile

La tradition chrétienne identifie Taybeh à Éphraïm, la ville où Jésus se retira avec ses disciples avant sa Passion, selon l’Évangile de saint Jean (Jn 11, 54). Les responsables des Églises ont renouvelé leur « plein soutien » à cette communauté et prié pour que les peuples de la Terre sainte vivent dans la sécurité, la justice et la paix.

Photo : Taybeh, Ephraim / Facebook / Gaudium Press

Par la rédaction des Hérauts de l’Évangile, d’après Gaudium Press (Rafael Ribeiro), avec des informations d’InfoVaticana et de Noovo Info. Notre politique éditoriale