France : après les émeutes du 17 octobre, les évêques appellent à refuser la violence

L'hôtel de ville de Limoges en flammes, la nuit, avec des pompiers sur des échelles devant la façade
Après les émeutes qui ont touché plusieurs villes françaises le 17 octobre 2026, la Conférence des évêques de France a appelé chacun à ne pas se laisser entraîner dans une « violence mortifère » et à prier pour la paix.

La Conférence des évêques de France (CEF) a appelé le dimanche 18 octobre 2026 à refuser la violence, au lendemain d’une journée d’émeutes qui a touché plusieurs villes du pays. Dans un bref communiqué signé par son président, le cardinal Jean-Marc Aveline, archevêque de Marseille, et par ses deux vice-présidents, Mgr Vincent Jordy et Mgr Benoît Bertrand, l’épiscopat invite chacun à « ne pas se laisser entraîner » dans une « violence mortifère ».

Solidarité avec les blessés et les commerçants

Les évêques dénoncent des « violences inacceptables » et des scènes d’émeutes qui ont plongé le pays dans la sidération et la peur. Ils expriment leur soutien aux blessés et aux commerçants victimes de vandalisme. « Notre pays mérite mieux que cela », affirment-ils. Avec tous les croyants, ils prient pour que les troubles cessent, que les revendications justes soient prises en compte et que la paix revienne par le dialogue et le respect de la justice.

À Lyon, l’archevêque, Mgr Olivier de Germay, a lui aussi condamné sur le réseau X les affrontements, les destructions et les pillages survenus dans sa ville. Tout en y voyant le signe d’une société qui va mal, il a rappelé que la violence est une impasse et assuré de sa proximité les commerçants, les forces de l’ordre et les personnes venues manifester pacifiquement.

Une marche interreligieuse pour la paix reportée

À la demande des autorités locales, les organisateurs ont reporté la marche pour la paix que des responsables chrétiens, musulmans et juifs devaient conduire à Lyon le dimanche 18 octobre. Elle devait marquer le 40e anniversaire de la journée de prière pour la paix réunie à Assise, en 1986, à l’initiative de saint Jean-Paul II. Aucune nouvelle date n’a été annoncée.

Une journée de violences dans plusieurs villes

Les violences ont éclaté le samedi 17 octobre en marge de manifestations contre la vie chère, qui ont rassemblé plusieurs centaines de milliers de personnes après des semaines de mobilisation lycéenne sur l’état des établissements scolaires. À Limoges, l’hôtel de ville a été incendié et son beffroi s’est effondré. À Paris, des commerces ont été pillés ; à Lyon, l’office de tourisme de la place Bellecour a été détruit par le feu. D’autres villes, dont Bordeaux, ont aussi connu des attaques contre des bâtiments publics.

Selon le ministère de l’Intérieur, près d’un millier de policiers et de gendarmes ont été blessés et quelque 2 400 personnes ont été interpellées au cours du week-end. Le président Emmanuel Macron a promis la fermeté envers les casseurs, tout en distinguant les manifestants porteurs de revendications légitimes, et a annoncé que les préfets pourront interdire certains rassemblements.

Photo : Ville de Limoges / Facebook / Gaudium Press

Par la rédaction des Hérauts de l’Évangile, d’après Gaudium Press (rédaction), avec des informations de L’Info Durable et des Nouvelles calédoniennes. Notre politique éditoriale